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LE CENTRE ENTREPRENEURIAL DE PETITE PLACE CAZEAU
(PORT AU PRINCE)

La réhabilitation de cet ancien village SOS Enfant situé dans un bidonville de Port au Prince a commencé avec la réouverture d’une école primaire et secondaire accueillant 900 enfants. La création à côté de cette école d’un centre entrepreneurial, permet d’offrir aux jeunes du quartier la possibilité d’apprendre un métier (agriculture, métiers du bâtiment, boulangerie, etc.) et de pouvoir par la suite créer leur propre petite entreprise.Centre entrepreneurial - Dortoirs
L’exemple de la filière « agriculture »
L’Ecole d’entrepreneurs agricoles Mgr Léonard Pétion Laroche a été inaugurée officiellement le 7 novembre 2007 par Monseigneur Serge Miot, Archevêque de Port-au-Prince, et le Frère Francklin Armand. Cette école, filière agriculture de l’école technique du Foyer de l’Incarnation, a vocation à former des jeunes aux techniques d’agriculture et d’élevage, de gestion d’entreprise et de commerce à l’échelle locale, nationale et internationale.

Ils formeront un réseau de véritables fermiers, employeurs d’agronomes et de techniciens agricoles, fournisseurs sur le marché local, national et international, ou du moins caribéen. Le bassin de la Caraïbe comprend en effet de nombreux petits pays vivant essentiellement du tourisme et n’ayant aucune production agricole du fait de l’absence de terres arables. Ceux-ci représentent un marché potentiel important et très accessible.
Pourquoi ce nom ?
Monseigneur Léonard Pétion Laroche fut évêque de Hinche de 1982 à 1997 et apporta tout son soutien à l’implantation de la Fraternité de l’Incarnation dans le Plateau Central. Par ailleurs, il était lui-même très sensible du sort des paysans et très engagé dans la défense de leur cause.
Il est décédé en juillet 2007 après avoir passé plusieurs mois de convalescence au sein de la Fraternité.
Quelle cible ?
Les étudiants de cette école sont des jeunes de 18 à 25 ans, garçons et filles originaires du milieu paysan, ayant au minimum un niveau de troisième – dernière année du collège. Il est indispensable que l’étudiant ou sa famille possède des terres, même une petite surface. Des entretiens individuels permettent de discerner son intérêt pour l’agriculture et son esprit d’initiative.

Etant donnés ces critères de sélection, ce programme ne concerne pas les jeunes issus de Petite Place Cazeau ou même de Port-au-Prince. Les jeunes ne sont donc pas recrutés au sein des effectifs de l’Institution Françoise et René de la Serre mais par l’intermédiaire des différentes Fraternités implantées dans les neuf départements du pays.
Ainsi les Petites Sœurs et Petits Frères font la promotion de l’école auprès des jeunes de leur zone et les recommandent à l’équipe responsable qui organise ensuite des entretiens individuels.
Quel programme ?
La formation dure deux ans, compte 60% de cours théoriques et 40% de pratique. Afin d’optimiser l’adaptation des connaissances aux caractéristiques du milieu d’origine de chaque étudiant, elle est organisée en deux sessions de six mois.

Les étudiants suivent la première session présentant les bases des techniques de culture (analyse de sols, aménagement de canaux d’irrigation, préparation des sols, techniques de labours, cultures vivrières, fruitières et céréalières) et d’élevage (ovins, bovins, porcins, caprins, pisciculture, apiculture). Ils reçoivent également des cours de gestion, comptabilité, économie, entreprenariat, informatique et langues étrangères.

Les six mois suivants, ils retournent chez eux avec pour mission d’établir un état des lieux de leur région d’origine, une analyse de ses potentialités et une proposition de projet professionnel. Durant ces six mois, ils sont suivis par l’équipe technique composée d’agronomes et de techniciens agricoles et lui remettent des rapports réguliers de l’avancement de leurs activités.

Vient ensuite la seconde session de formation durant laquelle l’étudiant se spécialise tant en élevage qu’en culture, en fonction des potentialités de sa région d’origine et de son projet professionnel. Il affine ses compétences en gestion, comptabilité, informatique, langues étrangères et reçoit des cours de stratégie d’entreprise et de marketing.

A la fin de cette session, chaque étudiant retrouve sa région d’origine et entame la réalisation son projet professionnel. Après six mois de suivi, l’équipe d’encadrement procède à une évaluation finale puis à la remise des diplômes. Bien entendu une relation particulière est entretenue entre l’école et les étudiants diplômés, de même qu’entre les étudiants eux-mêmes. Ceux-ci constituent une force économique de par leur fonctionnement en réseau, tant pour l’achat d’intrants en gros que pour la vente des récoltes.

Centre entrepreneurial - Salles de classe
Mise en place des cinq filières techniques
Contexte
La production de biens ou de services est globalement très incertaine en Haïti. Que ce soit pour la construction d’un bâtiment, la fabrication d’un meuble ou la réparation d’un réfrigérateur, les délais de livraison sont rarement respectés, le souci de la finition n’est pas une priorité et les documents administratifs concernant une transaction sont quasi nuls. Globalement le professionnalisme des artisans est loin des standards internationaux.
Bien sûr, de grandes entreprises locales ou étrangères proposent des produits importés et des services réalisés par du personnel expatrié, mais les tarifs qu’elles pratiquent sont réservés à une minorité.
Ainsi il est indispensable d’offrir aux jeunes d’acquérir de solides compétences techniques et entrepreneuriales afin de former, non pas des artisans supplémentaires, mais des chefs de petites et moyennes entreprises. Organisés en réseaux, ils seront créateurs d’emplois, nouveaux modèles de réussite pour la jeunesse.
L’école technique du Foyer de l’Incarnation
Les étudiants des différentes formations techniques sont issus des classes de troisième et de seconde de l’Institution Françoise et René de la Serre. La sélection des étudiants est limitée à ces deux niveaux afin de leur permettre de terminer leur formation technique avant d’entrer en classe de terminale et donc d’être totalement disponible à la préparation du baccalauréat.

L’école ouvre ses portes avec cinq nouvelles filières qui viennent s’ajouter à la couture et à la broderie qui accueillent près de cinquante jeunes filles, élèves de l’IFRS, depuis deux ans. Il s’agit de la plomberie, l’électricité, la soudure, la menuiserie / ébénisterie, et la réfrigération. Initialement, une filière maçonnerie devait être créée, mais elle n’attire pas les jeunes. Nous l’avons donc remplacée par la réfrigération qui, elle, rencontre un franc succès. Toutefois, cette filière sera à nouveau proposée à la rentrée prochaine sous le nom de « métiers du bâtiment et de la construction ».

La formation que propose l’école technique a des objectifs similaires à ceux de l’école d’entrepreneurs agricoles. En effet, il s’agit de donner aux élèves l’ensemble des outils nécessaires à la création et au développement d’une entreprise tout en lui permettant de développer de solides compétences techniques, tant en ce qui concerne les techniques de base, presque artisanales, qu’en matière de techniques de pointe.

La formation sera donc dispensée les après midi sur deux années, sous la forme de deux volets, l’un technique, l’autre entrepreneurial. Le pôle technique comprend 40% de cours théoriques et 60% de cours pratiques. Le pôle entrepreneurial rassemble les cours de gestion, marketing, économie, informatique et langues étrangères.

Les enseignants de ce pôle sont les mêmes que pour la filière agricole. Pour les cours techniques, chaque filière compte un ingénieur, un artisan confirmé ayant une expérience d’enseignement et un technicien. L’ingénieur a une fonction de consultant pour la mise en place et le suivi des cours, tant théoriques que pratiques, il dispense également des cours théoriques. L’artisan complète l’ingénieur dans l’enseignement théorique et il est le responsable des cours pratiques. Le technicien assiste l’artisan dans l’enseignement pratique.

En complément des cours, des conférences d’entrepreneurs haïtiens, d’économistes, de banquiers sont d’ores et déjà programmées le samedi matin.

De plus des contacts ont déjà été établis afin de permettre aux élèves de visiter des entreprises et ateliers, ou d’y effectuer un stage de quelques jours à un mois. Nous citons par exemple l’EDH - compagnie électrique nationale, la TELECO, la BRANA - brasserie nationale, Iron Craft – société de production et d’export de mobilier et d’artisanat en fer et en bois.