AFU > retour aux réalisations

LE CREDIT NATURE

Le crédit nature consiste à prêter des animaux reproducteurs aux paysans. La dégradation continue qui a encore frappé de plein fouet l’économie paysanne en 2007 donne une importance particulière au projet de crédit nature et nous incite à nous efforcer de poursuivre cette activité.

L’évolution du projet est très encourageante puisque les initiatives entreprises en 2006, tant pour étendre son champ d’action que pour contrer les phénomènes de vandalisme qu’avait subi la ferme de Pandiassou, se sont avérées être un succès.
A Zoranger, près de Jacmel (Sud Est), et dans la zone de Rincon (Plateau Central), le projet est maintenant bien implanté et les bénéficiaires sont très satisfaits.
A Rincon, le suivi a pu être mis en place de manière efficace malgré les difficiles conditions d’accès de la zone.
Etant donné que les employés du projet en charge du suivi des crédits et de la formation des bénéficiaires habitent dans les environs de Pandiassou, nous avons décidé d’espacer les visites de terrain pour ces bénéficiaires. La qualité des résultats obtenus ne s’en est pas vue réduite, ce qui confirme le sérieux de ces bénéficiaires particulièrement nécessiteux vu la pauvreté de la zone. De même, les remboursements y sont de très bonne qualité, en termes de santé et de poids des petits retournés, ce qui favorise la pérennité du projet.
Toutefois, les fortes pluies de cette année ont eu de lourdes conséquences sur le déroulement du projet puisqu’un peu moins de la moitié des jeunes cabris sont morts de maladies dues à une humidité trop élevée.

A Torbeck, dans le Sud, les activités ont également très bien commencé. Mais les fortes inondations qui ont touché à plusieurs reprises le département du Sud Est pendant la saison cyclonique ont fortement compromis les premiers résultats du projet. En effet, près des deux tiers des cabris ont été perdus, soit 11 cabris sur 17. Les inondations ont provoqué des épidémies touchant l’ensemble du bétail de la région. Les cabris sont par ailleurs naturellement très sensibles à l’humidité.

De plus, les cyclones ont provoqué de nombreux dégâts matériels dont la perte de la toiture de l’étable aménagée sur les terres de la Fraternité de Torbeck.

Pourtant, les premiers mois d’activité du projet avaient suscité un grand intérêt de la part des paysans, les Frères recevaient beaucoup de visites au sein de la Fraternité.

Concernant la zone de Pandiassou, nous vous annoncions en 2006 l’aménagement d’une clôture sur les terres de la Fraternité aux abords de la route de Dopalais. Cette clôture, constituée de fils barbelés et de végétaux a été achevée en début d’année.
L’enclos accueille les jeunes bœufs retournés par les bénéficiaires en phase de remboursement, ils y sont mis en engraissement avant d’être vendus à la boucherie de Pandiassou. Jusqu’à présent, ce choix s’avère judicieux puisque les résultats obtenus sont très satisfaisants. Les bêtes sont suivies quotidiennement par l’agent vétérinaire qui habite à proximité de l’enclos, le lac situé en contrebas de l’enclos offre des conditions d’élevage particulièrement intéressantes.

Credit Nature - poulailler
Afin d’améliorer la qualité du cheptel caprin réparti entre les différents bénéficiaires, un bouc de reproduction a été acheté et mis à la disposition des bénéficiaires pour le croisement de leurs bêtes moyennant la somme de 10 gourdes par croisement. Malgré la sensibilisation effectuée auprès des bénéficiaires concernant les atouts de ce système, les résultats escomptés n’ont pas été atteints. Les paysans laissent leurs bêtes en pâturage libre durant la saison sèche et ne contrôlent donc pas leur reproduction.

Nous avons toutefois remarqué cette année que certains bénéficiaires suivent avec un grand intérêt l’évolution des bêtes enfermées dans l’enclos mis en place en bordure de la route de Dopalais. Nous continuons à encourager l’élevage en enclos, donc la mise en commun des terres des bénéficiaires.

Les PFI/PSI ont poursuivi leur soutien à l’élevage pour les paysans du Plateau Central, du Sud Est et du Sud. Le programme rencontre un succès accru : en 2008, il a touché plus de 1200 bénéficiaires. Malgré le contexte économique, l’accent a été mis sur l’intégration des participants, ce qui exige de leur part une plus grande implication. C’est un point essentiel pour l’avenir du programme.